Ameline Vanot /

Dans cette recherche, le tronc d’arbre s’élève telle une colonne, dressée
entre terre et ciel.
Au fusain, déployé sur de vastes surfaces de carton, de bois ou de papier,
il apparaît dans une verticalité habitée, recueillie.
Le geste, dense et vibrant, ne cherche pas à décrire, mais à faire ressentir
une présence.
Le trait strié, comme une marque du temps évoque une vie intérieure —
comme si l’arbre portait en lui la mémoire du monde, une énergie
silencieuse bien qu’en perpétuel mouvement.
Face à cette puissance enracinée, le travail photographique ouvre un autre
espace, plus subtil, presque immatériel.
In this work, the tree trunk rises like a column, standing tall between the earth and
the sky.
Rendered in charcoal across vast surfaces of cardboard, wood, or paper, it appears
with a sense of verticality that is both inhabited and contemplative.
The gesture, dense and vibrant, does not seek to describe, but to evoke a sense of
presence.
The striated line, like a mark of time, evokes inner life — as if the tree carried within it
the memory of the world, a silent energy yet in perpetual motion.
In the face of this deeply rooted power, the photographic work opens up another
space — one that is more subtle, almost immaterial.
Troncs d'arbres
Tree trunks
Photographies sur papier japon
Fusains
Pierres

Ce travail évolue entre densité et effacement, entre masse
tellurique et apparition fragile.
Le granit comme force.
Ameline Vanot saisit des pierres dans leur présence la plus
élémentaire.
Cette densité minérale, compacte, presque silencieuse ou à travers
ces dessins au fusain le geste y est appuyé, comme pour atteindre
une épaisseur, une résistance.
Les formes issues de cette matière dense sont ensuite transposées
sur des papiers japonais d’une finesse extrême où l’image se déleste
de son poids . Le granit y devient presque irréel, suspendu, traversé
de lumière. Ce qui relevait de la masse se transforme en apparition.
La pierre n’est plus bloc, mais mémoire de bloc, empreinte flottante.
Le regard circule alors à travers l’œuvre. Il ne se fixe plus sur une
surface, mais la traverse. Du minéral au voile, du plein à l’air. Ce
travail offre une expérience perceptive singulière, où l’image n’est
jamais donnée comme une évidence, mais comme un phénomène en suspens.
Stones
This work oscillates between density and vanishing, between earthly mass and fragile appearance.
Granite as a force.
Ameline Vanot captures stones in their most elementary form.
This mineral density — compact, almost silent — is rendered through charcoal drawings, where the gesture is forceful, as if to convey a sense of resistance.
The forms created from this dense material are then transferred onto extremely delicate Japanese paper, where the image is freed from its weight. The granite becomes almost unreal, bathed in light.
What was once a solid mass is now nothing more than an apparition.
The stone is no longer a block, but a memory of a block, a floating imprint.
The gaze then moves through the work. It no longer rests on a surface, but passes through it.
From mineral to veil, from solid to air.
This work offers a unique perceptual experience, where the image is never presented as a given, but as a phenomenon in suspension.































